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Formation des enseignants : avis négatif du Cneser sur le projet de circulaire

mardi 22 décembre 2009

D’autres infos : http://www.cgteduccreteil.org/spip.php?rubrique48


Le CNESER [1], réuni le 21 décembre 2009, a donné un avis négatif sur la circulaire de cadrage de la formations des maîtres : 3 pour (2 UNI 1 MEDEF), une abstention (PEEP) et 35 contre (dont CGT et CPU).

Motion CNESER du 21-12-09

(27 Pour, 10 abstentions, 5 contre)

Signée par
Snesup-Fsu, Fsu, Cgt, Unsa, Cfdt, Sgen-cfdt, Autonomes sup,
Confédération étudiante, UNEF

Depuis maintenant plus de 18 mois, la réforme de la formation et du
recrutement des enseignants qui aurait dû conduire à une élévation
du niveau de qualification des enseignants à celui du diplôme de
master est menée au pas de charge sans aucune concertation sérieuse.
Le report d’un an d’une application complète de la réforme,
résultat de la mobilisation de l’an dernier, qui aurait pu permettre
de mettre en place une réelle concertation destinée à
l’élaboration d’une réforme partagée, a été dévoyé par Luc
Châtel et Valérie Pécresse. En rendant leurs derniers arbitrages
contre l’avis de tous les acteurs concernés (enseignants-chercheurs,
enseignants, étudiants, lycéens, parents, ...) et en présentant
aujourd’hui en CNESER une circulaire dite de cadrage des masters, le
gouvernement persévère dans sa stratégie du passage en force.
C’est inacceptable au regard des enjeux liés à la formation et au
recrutement des enseignants, et plus largement au devenir des jeunes
et de la société. Tout changement dans le dispositif de formation des
enseignants doit être porteur de progrès et non de régressions.

Le CNESER dénonce l’entêtement gouvernemental consistant à
entraver les capacités de l’université à développer des
formations de haut niveau intégrant disciplines universitaires et
savoirs professionnels en lien avec la recherche
, alliant les
potentiels avérés des UFR et des IUFM -dont le maillage territorial
est un atout-, et s’appuyant sur des concours nationaux. Il est
inacceptable de réduire la formation professionnelle à quelques
modules complémentaires ou à de très courts stages et de bouleverser
l’ensemble de l’offre de master existante au détriment de la
recherche. Par ailleurs, l’absence d’aides financières conséquentes
pour les étudiants dont la durée d’études s’allongera, risque de
faire régresser un peu plus la diversité sociale et décourager les
jeunes issus des milieux populaires de choisir le métier
d’enseignement. De nombreuses voix institutionnelles se sont
élevées contre le projet gouvernemental : Conférence des Présidents
d’Université, conférences de directeurs d’UFR ou d’IUFM. Le
comité de suivi Master, émanation du CNESER, a rendu le 16 décembre
un avis critique sur le projet gouvernemental.

Le CNESER exige la remise à plat de la réforme impliquant le retrait
des décrets concernant la formation des enseignants et des textes
d’application déjà publiés permettant de revenir impérativement sur
la place des épreuves d’admissibilité au cours du cursus afin de
garantir une place des futurs concours compatibles avec une formation
en master de qualité et permettant de réelles réorientations pour
les étudiants en échec aux concours.
Ce n’est qu’après cette
étape que le cadrage national des masters dits « intégrés » par le
biais d’un texte réglementaire prendra sens. Il devra garantir
l’articulation entre une véritable professionnalisation progressive et
une formation disciplinaire, et être assorti d’une carte nationale des
formations. Il devra garantir l’égal accès de tous sur le territoire
à la préparation des concours.

Le CNESER refuse de voir régler une question d’une telle ampleur par
une simple circulaire ne permettant pas de répondre pas aux attentes
de la société. L’attitude, dont fait preuve le gouvernement sur ce
sujet est lourde de conséquences. En particulier, le CNESER déplore
le processus de décision qui a conduit le gouvernement à faire les
annonces de novembre, sans consulter ni CNESER, ni les autres parties
prenantes et à ne pas entendre la réprobation de la communauté
universitaire quasi unanime.

Le CNESER exprime son total désaccord d’une part de voir le débat
budgétaire réduit à une simple présentation du budget voté par le
Parlement et, d’autre part, de dissocier et de reporter en janvier le
vote de la répartition des dotations aux établissements nécessaire
aux votes de leurs budgets.


[1le Conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche (Cneser) est un organe qui constitue à la fois un comité consultatif placé auprès du ministre chargé de l’enseignement supérieur, et une juridiction administrative.