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Etats généraux de la sécurité à l’école : La solution à la violence est ailleurs

Communiqué de la Confédération Cgt

mercredi 7 avril 2010

Luc Chatel tient des "états généraux de la sécurité à l’école", les 7 et 8 avril, tandis que le président de la République prône le tout sécuritaire. Depuis près de 20 ans, la violence à l’école est devenue un thème récurrent. Les rapports, les plans de lutte, se sont succédé, aucun n’a été suivi d’effet.
Pour la CGT, ce énième rendez vous risque fort de ne pas déboucher. Sans céder à l’exagération émotionnelle, la violence à l’école qui, jusque là, s’exprimait dans quelques secteurs connus se banalise et se généralise. Le mal vivre des jeunes, de leur famille et des personnels est de plus en plus pesant.
La violence à l’école vient aussi de l’extérieur (intrusion de bandes par exemple…) touchant l’ensemble des services publics (transports en commun, urgences médicales, pompiers…) et l’ensemble des associations d’éducation populaire, sportives ou culturelles, les organismes de formation continue ou d’insertion… Ces phénomènes de violence ne sont d’ailleurs pas indépendants de la montée de l’individualisme et du consumérisme érigés comme principes de société reléguant collectif et solidarité au second plan. De fait, les références du « vivre ensemble » indispensables à la cohésion sociale ne proviennent plus principalement de l’école.

l’Ecole n’est pas un sanctuaire fermé

Pour la CGT, l’Ecole n’est pas un sanctuaire fermé à la société qui l’entoure. Le chômage, la précarité, l’exclusion la ghettoïsation,les discriminations … pénètrent le milieu scolaire et induisent des conduites délinquantes et violentes. Les élèves sont plus difficiles parce que leurs conditions de vie et celles de leur famille sont plus difficiles. Cette violence sociale participe de la violence à l’école.

L’école n’a plus les moyens de fonctionner en toute sécurité

Les suppressions massives d’emplois réduisent la présence d’adultes qualifiés et rendent symbolique l’encadrement des jeunes. L’école n’a plus les moyens de fonctionner en toute sécurité, plus les moyens de transmettre les connaissances, les savoir-faire, les valeurs dont les jeunes aujourd’hui ont besoin. Elle exclue les plus fragiles et génère elle-même de la violence. Les carences du système sont reportées sur l’individu, sur les parents qualifiés d’irresponsables parce qu’ils s’occupent mal ou pas de l’éducation de leurs enfants et sanctionnés au portefeuille en matière d’absentéisme scolaire

Fichage, flicage, sanction : l’Etat lui même crée de la violence

L’Etat lui-même est créateur de violence, en voulant repérer des « prédélinquants potentiels dès 3 ans », en fichant dès 13 ans, en menant une « chasse » aux enfants et à leurs parents sans papiers, en stigmatisant les enfants « décrocheurs » pour mieux les enfermer dans des établissements spécifiques « où ils ne perturberont plus la vie des autres »…

Faire le choix de la prévention

Travailler efficacement contre la violence à l’école, c’est avant tout mettre en place une politique de réduction des inégalités sociales, une politique qui favorise la mixité sociale, une politique qui fasse le choix de la prévention contre le tout répressif, une politique qui ne laisse aucun enfant sur le bord de la route et remédie réellement à la difficulté et à l’échec scolaire.

Respecter et reconnaître tous les acteurs

Cela passe par le respect et la reconnaissance de tous les acteurs de la communauté scolaire et de la protection de la jeunesse : qualifications et stabilité d’équipes pluri professionnels, place et rôle des parents, conditions d’études et perspectives pour les jeunes. Et non par la mise en place de caméras de surveillance ou d’une présence policière.

Il en est de la violence comme de la réussite scolaire, c’est la place accordée à l’éducation dans notre société qui est déterminante.

Ces états généraux de la sécurité scolaire font suite à beaucoup d’autres initiatives, qui n’ont rien réglé. La réponse à la violence n’appartient pas à l’école, seule, mais relève d’une politique sociétale globale.


La CGT-Educ’action a décidé de refuser de participer à ces Etats Généraux.

Pour plus d’infos :

- Lire le courrier de la CGT-Educ’action à Chatel

- Lire la tribune d’Aline Louangvannasy, professeure de philosophie, secrétaire académique de la CGT-Educ’action Midi-Pyrénées parue dans le Monde