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Éducation : la France à la remorque

Lu dans l’Humanité du mardi 22 février 2011

vendredi 25 février 2011

http://humanite.fr/25_02_2011-%C3%A9ducation-la-france-%C3%A0-la-remorque-465936

Mardi 8 février 2011, soit deux jours avant les grèves dans l’éducation, le Centre d’analyse stratégique, sous la tutelle du premier ministre, a publié un « tableau de bord de l’emploi public » [1] avec la vocation de situer la France dans un ensemble de pays de l’Union européenne et de l’OCDE et l’objectif de prouver que la France est « sur-administrée ». C’est tout le contraire qui est démontré !

– L’emploi public en France : la France se situe très légèrement au-dessus de la moyenne mais bien en dessous des pays du nord de l’Europe et du Canada. – Le coût moyen de chaque emploi : la France se situe très légèrement en dessous de la moyenne. La France dépense moins par habitant pour les emplois publics que les pays du nord de l’Europe, que les États-Unis, que l’Irlande.

– Le nombre d’enseignants par habitant : la France se situe nettement en dessous de la moyenne ! On note par ailleurs que tous les pays augmentent le nombre de leurs enseignants… sauf l’Italie et la France. – Le nombre d’enseignants pour 100 élèves : la France est tout simplement l’avant-dernier plus mauvais élève ! C’est l’école primaire qui est le plus touché.

– Les salaires : seuls les États-Unis, la Norvège et la Finlande font pire…

La France n’est donc pas l’un des pays qui dépense le plus pour l’éducation comme n’arrêtent pas de le répéter les perroquets du gouvernement et leurs médias affiliés : la France est l’un des pays qui applique avec le plus d’application la rigueur budgétaire, quitte à ce que ce soit les populations les plus défavorisées qui subissent cette casse.

Chaque recteur est chargé d’imaginer les moyens de cette casse. Ainsi, le recteur de Créteil a fait le choix de ponctionner arbitrairement de 1 % les dotations des lycées professionnels « dans le cadre de l’équation budgétaire globale ».

Dans mon département (la Seine-Saint-Denis), la détermination des manifestants à l’inspection académique, devant son refus de recevoir une délégation (l’Humanité du 11 février 2011), les nombreuses actions d’établissements et de parents d’élèves, tout cela montre que la colère des usagers et des personnels de l’école est bien réelle et désormais justifiée par les services du premier ministre. Nous avions réussi en 1998 à transformer cette colère en mobilisation et nous avions alors gagné 3 000 postes pour le 93 qu’ils nous ont peu à peu repris jusqu’au coup de grâce de cette année. Mobilisons-nous pour le service public d’éducation !

Nous pouvons gagner !

MATTHIEU BRABANT, SECRÉTAIRE ACADÉMIQUE CGT-ÉDUC’ACTION CRÉTEIL, PROFESSEUR DE MATHS-SCIENCES AU LP DENIS-PAPIN À LA COURNEUVE