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Décrochage scolaire : Préparation Assises Régionales IDF d’automne 2012

samedi 31 mars 2012

Tout d’abord, la CGT EDUC /FERC des 3 académies en IDF dans le cadre de la réunion du 7 mars 2012 a fait le bilan d’une grande diversité de participation et d’attentes fortes sur la tenue et la préparation des assises régionales concernant le décrochage scolaire, sujet particulièrement sensible et prégnant dans notre région IDF.
La CGT souhaite insister sur la nécessité d’une analyse approfondie des causes (sociologiques, psychologiques et économiques complexes) du décrochage, le rôle et le bilan des différentes structures mises en place.

La lutte contre le décrochage passe d’abord par sa prévention : ainsi il est primordial de repérer, au niveau du collège, quels sont les processus à l’origine du décrochage afin d’apporter des réponses adaptées en amont du décrochage : accompagnement des jeunes en difficulté, aide à l’orientation…

Ensuite, identifier sérieusement, sans en faire un fichage systématique, les jeunes en déscolarisation et ceux sans qualification professionnelle en recherche d’insertion vers l’emploi. Cela réclame beaucoup de moyens en personnels formés et une prise en charge dans la durée.

Quelques remarques pour préparer les Assises Régionales IDF d’automne 2012.

1/ L’approche concertée avec si possible un diagnostic partagé entre Rectorats et Région sur la question du Décrochage, est donc une nécessité pour préparer les Assises Régionales d’automne 2012.
L’entrée par l’apprentissage n’est certainement pas le niveau premier du phénomène du décrochage scolaire à analyser même si son étude et sa limitation sont nécessaires.
Il est vrai que la responsabilité première en matière d’apprentissage relève bien de la région et que celle du public scolaire dans l’éducation nationale relève de l’ETAT avec les Rectorats et IA.

C’est pourquoi, en ce qui nous concerne la nécessité de trouver des solutions aux ruptures de contrat d’apprentissage des jeunes vient en complément d’une approche plus globale du décrochage du public jeune scolaire 16-18 ans en priorité et 16 25 ans bien sûr mais aussi du décrochage en Post Bac en lycées et Universités.

Si on se réfère à l’année scolaire 2010, 23% des effectifs élèves et apprentis post 3e accueillis en LP (public privé) et CFA relèvent de l’ apprentissage avec 52% au niveau CAP (mais cela devient minoritaire en 2011 ) et à peine 10 % en BAC PRO. Plus globalement, 65% des effectifs post 3e IDF en 2010 sont en Secondes GT (Générale et Technologique), 27% en LP et SEP Voie professionnelle et 8% en Apprentissage.

2/ Un état des lieux du décrochage scolaire ciblé 16-18 ans, des jeunes 16 25 ans mais aussi des collégiens en Amont s’appuyant sur les nombreux rapports et évaluations et synthèse des dispositifs existants doit permettre un cadrage des problématiques posés à travers les assises régionales.
Dans ce sens, les quelques éléments quantitatifs donnés par les 3 SAIO des Académies en IDF demandent une analyse concrète des situations et du public jeune concerné et des mesures prises dans les 59 plates forme régionales. Cette transparence est absolument vitale pour établir un diagnostic ainsi que des réflexions et analyses partagées sur les causes..

Ainsi, il nous semble largement insuffisant de considérer le décrochage par le « résultat d’une mauvaise orientation du jeune ».

Constater statistiquement que sur les dizaines de milliers de jeunes décrocheurs ou sans retour de leur situation recensés en IDF début 2012, 44% proviennent de lycéens de la Voie professionnelle doit amener un regard critique sur toutes les réformes de l’Education Nationale en cours (Réforme des 3 voies du lycée entre autre ) et la persistance des inégalités scolaires liées aux inégalités sociales.

La même réflexion doit aussi concerner les ruptures de contrats d’apprentissage des niveaux V largement plus concernés que les autres niveaux.

De même, les difficultés d’accès à la formation et/ou à l’insertion professionnelle des jeunes de moins de 25 ans suivis plus particulièrement dans les missions locales et leurs antennes, les structures de Pôle Emploi méritent une analyse et une évaluation des moyens humains indispensables à mettre en place. Ceci tant sur les besoins en effectifs et emplois CDI que sur les besoins de formation des personnels impliqués directement dans l’accueil , l’information et l’accompagnement des jeunes .

3/ Quel impact sur le décrochage des lycéens d’une orientation trop précoce vers la voie professionnelle dans des filières CAP ou BAC PRO et dans quels métiers le plus souvent ?

Quel impact de la réforme du BAC pro 3ans au lieu de 4 années d’études BEP + BAC PRO 2 ans avec une multiplication de la période en entreprise ( 22 semaines soit 30% du temps réel scolaire pour 16 semaines sur le BAC PRO 2 ans et stage limité à 3 semaines en BEP 2 ans )
Pour la CGT, les sorties des élèves à tous les niveaux du système éducatif ainsi que le redoublement, la réalité de l’orientation ou des réorientations, choisie ou non des élèves dans leur parcours scolaire du collège au lycée ou en apprentissage touchent davantage les jeunes engagés dans l’acquisition que l’on peut considérée de précoce vers un diplôme professionnel de niveau V ou IV par voie scolaire ou par contrat d’apprentissage.

Le constat demeure que la réussite dans la voie professionnelle du niveau V au niveau III n’est possible qu’avec des pré requis d’enseignement Général et technologique réels et maîtrisés et une réelle motivation des jeunes. Le niveau d’études se pose bien sûr et les dispositifs de remédiation ou de mise à niveau deviennent incontournables pour un nombre de plus en plus important de jeunes .

Le Lycée professionnel prend sa part dans cette prise en compte. Mais il demeure de plus en plus qu’un niveau fin de 3e de collège mal maîtrisé conduit à des déceptions, des découragements sans parler d’une orientation non choisie ou mal choisie vers le LP ou l’Apprentissage en CAP ou BAC PRO) parallèlement à la Seconde Indifférenciée des Lycées Généraux, Technologiques ou Polyvalents.

4/ Dans quelles mesures et à quelles conditions l’existence de la polyvalence des lycées dans les 3 voies de formation ou les 2 voies technologique et professionnelle enraye le décrochage scolaire

L’orientation notamment fin de troisième mais aussi fin de seconde des lycées vers les 3 voies du Lycée joue un rôle décisif qui ne doit pas être inéluctable avec la possibilité renforcée de passerelles entre les voies du Lycée.
Ainsi, la réorientation des lycéens venant de secondes des lycées (générales et technologiques) vers la voie professionnelle BAC PRO devrait faire l’objet d’une offre plus ouverte dans les lycées et LP de la région.
Aujourd’hui, il n’existe plus de 1re d’adaptation mais les orientations vers les 1res technologiques restent possibles, seulement au cas par cas pour les élèves de 2de professionnelle ou de 1ére professionnelle.


En ce sens, la polyvalence actuelle des lycées mérite un réexamen et certainement un développement plus important.

5/ Dans quelle mesure la poursuite d’études notamment pour les bacheliers PRO est porteur de réussite aux qualifications professionnelles par la voie initiale scolaire et par Apprentissage ?
La poursuite d’études des bacheliers professionnels vers le BTS doit devenir une possibilité plus ouverte dans plusieurs filières où l’insertion professionnelle devient difficile. C’est le cas notamment du secteur tertiaire administratif et du secteur des Services, Commerce et Vente.

Il est certain que cette possibilité déjà choisie par de nombreux Bacheliers professionnels se heurte à l’absence d’une véritable préparation et adaptation à ce niveau de formation initiale.

Quelques repères et premières réflexions de la CGT EDUC’ACTION IDF


1/Sur les problématiques soulevés pour cerner et endiguer le décrochage scolaire des jeunes franciliens, la CGT partage plusieurs objectifs.
Par exemple :

- Elever le niveau de formation initiale des jeunes et développer les passerelles entre les 3 voies ( générale, technologique et professionnelle) du lycée.

- Promouvoir et valoriser la Formation initiale professionnelle sous statut de lycéen en formation professionnelle ( CAP, BAC PRO, BTS…)

- Etablir et favoriser par des incitations fortes les partenariats avec les entreprises pour l’accueil en PFE des lycéens (y compris dans un cadre international ) en formation professionnelle.

- Préparer, et mieux accueillir les lycéens de l’enseignement professionnel et technologique dans leurs périodes de formation en entreprise (PFE) (rémunération des lycéens en PFE, incitation et mobilisation des entreprises pour accueillir les lycéens en PFE, …).

Ce sont quelques points importants à notre sens qui participent de la réussite scolaire et de l’ insertion professionnelle future des jeunes.

Ces objectifs se situent aussi dans le cadre revendiqué de la CGT d’une scolarité obligatoire jusqu’à 18 ans et d’un accès plus ouvert de tous les lycéens vers l’enseignement supérieur et les formations professionnelles du niveau III.

2/L’Education Nationale et les rectorats ont développé l’accès au CAP dans les lycées pour les collégiens le souhaitant ou les jeunes en recherche d’insertion professionnelle.

Leur décrochage actuelle important dans les voies scolaire et Apprentissage mérite un examen et un suivi particulier sur leur développement possible selon quelques filières identifiées tels le BTP, les métiers traditionnels de l’Artisanat du commerce et des services.

3/ La réflexion doit s’engager nécessairement sur le niveau d’alternance souhaitable entre scolarité et entreprise d’autant qu’il s’agit ici de formation professionnelle initiale.

Il apparaît dommageable de vouloir réduire de plus en plus le volume du temps d’apprentissage scolaire indispensable à l’acquisition des connaissances et pré requis (ceux ci étant liés à l’obtention d’un diplôme qualifiant) pour augmenter le temps de travail, de PFE en Entreprise ( CAP,BAC PRO 3 ANS ) et de mise en œuvre des apprentissages dans l’entreprise .

La CGT souhaite mieux prendre connaissance des éléments sur le décrochage scolaire identifiés et pris en charge par différentes structures institutionnelles dont elle souhaite une synthèse et des constats partagés.

La CGT reste disponible pour apporter ses réflexions avec ses différentes structures fédérales dans le cadre de la préparation des Assises Régionales IDF d’automne 2012