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Déclaration des élu-e-s de la Cgt<P>Ouverture FPMN et CAPN 5 mars 2012

mardi 6 mars 2012

Déclaration de la CGT

La CGT a toujours dénoncé et continuera à dénoncer le mouvement national à gestion déconcentrée.

Les mutations 2012 n’ont jamais été aussi catastrophiques, en tous cas chez les PLP ! C’est la conséquence directe des suppressions massives de postes, de la politique du non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux, et des réformes dont le but principal est de faire des économies (masterisation, bac pro 3 ans, pour ne citer qu’elles...). De surcroit cette année les postes ÉCLAIR ont été soustraits au mouvement, et finalement les mutations se réduisent un peu plus chaque année à peau de chagrin (la CAPN des PLP se tient sur une seule journée cette année, alors qu’elle se tenait sur trois il y a cinq ans).

Les postes ECLAIR justement, revenons-y ! Luc Chatel a décidé de mettre en place un mouvement sur ces postes, organisé sans aucune transparence et sans barème, qui n’est qu’un contournement des mutations contrôlées en commissions paritaires, et qui, loin de renforcer l’éducation prioritaire, la démantèle. La quête légitime de mutation de nos collègues associée au calendrier de ce néo-mouvement (on peut postuler après la fin de nos CAPN) risque d’ailleurs de conduire un nombre important de collègues à candidater sur ces postes (sans projet pédagogique particulier). De là à imaginer que le ministère se targue ensuite de la réussite du mouvement ECLAIR, à la veille du 1er tour de l’élection présidentielle, voire ne communique que là-dessus, il n’y a qu’un pas...

La communication est en effet le maître mot de notre ministre qui s’obstine dans cette politique de contournement du dialogue social qui se traduit par l’annonce du projet de mouvement avant la tenue des CAPN ! Mais celle-ci ne trompe pas les déçus du mouvement, qui sont de plus en plus nombreux ! Certains candidats veulent à présent modifier leur barème pour espérer l’impossible ! Quand nous leur confirmons que l’annonce du ministère n’est qu’un projet, que rien n’est définitif avant la tenue des CAPN, ils sont scandalisés d’être traités de cette façon...

Cette méthode ne réconciliera pas les personnels avec une direction générale des ressources humaines dont les méthodes de gestion ressemblent de plus en plus à celles du privé et n’ont plus grand-chose d’humain.

Nous demandons donc une nouvelle fois au ministère d’abandonner ce système de gestion qui limite de façon insupportable le droit à mutation des personnels, et cela malgré les efforts des personnels des services de la DGRH, qui font ce qu’ils peuvent pour gérer la pénurie dictée par un gouvernement qui veut supprimer le plus de postes de fonctionnaires possible et qui n’hésite pas à imposer à nos collègues de rester à vie dans leur académie d’affectation, en détruisant quelquefois leur vie de famille. Auparavant, une gestion moins comptable et plus humaine pouvait leur laisser espérer une mutation...

A l’autre bout de la chaîne, on recrute de plus en plus difficilement ! En effet, d’après les chiffres du ministère de 2011, comparés à ceux de 2010, un nouveau phénomène inquiétant est apparu l’an passé : la chute des recrutements aux concours, conséquence de la masterisation et de la suppression de la formation des enseignants, a entraîné une diminution historique du ratio candidats/postes aux différents concours. Ainsi, en mathématiques il n’y avait plus que 1303 candidats pour 950 postes, soit environ 1,4 candidat par poste contre 3,3 lors de la session précédente. En lettres, avec 1 491 candidats pour 800 postes, le taux n’était plus que de 1,9 candidat par poste, contre 3,7 précédemment. En anglais, le taux est tombé à 2 candidats pour un poste, contre 3,3 à la dernière session. Le ministère est en train de réussir le tour de force de décourager les candidats à la profession alors que le nombre d’élèves augmente !

Bref, tout est cohérent pour un gouvernement dont la politique consiste à appliquer les dogmes de l’ultralibéralisme. La casse de tous les services publics est un impératif, et notre secteur n’y échappe pas.

Nous ne pouvons donc pas cacher que nous abordons cette CAPN du mouvement 2012 avec la plus grande détermination pour tenter d’améliorer la situation délicate (euphémisme) de certains candidats malheureux qui malgré des barèmes exorbitants et des situations familiales dramatiques ne mutent pas. Nous reviendrons plus en détail lors de la CAPN des PLP sur des situations catastrophiques dans certaines disciplines et/ou académies. Un seul exemple ici : l’académie de Limoges, qu’on peut véritablement considérer comme sinistrée ! Sans même verser dans la caricature, il n’y aura bientôt plus que des collègues en situation de handicap à pouvoir y être affectés !

Les élus de la CGT Educ’action ne considèrent pas comme acquis ce projet de mouvement annoncé par SMS et mail. Bien au contraire, plus que jamais, nous serons vigilants, et bataillerons pour faire valoir les droits légitimes à mutation de nos collègues. C’est notre mandat : défendre les droits des personnels et surtout, plus globalement, un service public d’éducation digne de ce nom au service des élèves.


Compte-rendu de la réunion

Josette Théophile, Directrice Générale des Ressources Humaines, qui préside cette cérémonie, rappelle que les mutations constituent un moment important dans la vie des enseignants et donne un premier bilan du mouvement 2012 :

- 15 500 mutations ont été réalisées sur les 26 000 demandes, dont 8000 chez les néo-titulaires et 7 500 chez les titulaires.

- le taux de satisfaction est de 59,4 % pour le mouvement général et est encore supérieur pour le mouvement spécifique.

- il est de 80,4 % pour les rapprochements de conjoints (contre 78,3 % en 2011).

- il est de 88 % pour les situations de handicap.

Nous rappelons que pour le ministère, toute mutation réalisée est « satisfaite », quel que soit le rang du vœu, y compris l’extension, ou l’académie obtenue (même si ce n’est pas celle où le conjoint réside).

Les organisations syndicales, dans leurs déclarations respectives, dénoncent unanimement les affectations en établissement « ECLAIR ».

Plusieurs pointent la remise en cause du paritarisme avec la communication du projet de mouvement avant les FPMN et CAPN, le manque de dialogue social, les contraintes budgétaires qui rendent impossible un mouvement de qualité et une mobilité générale en baisse depuis 1999, date de la mise en place du mouvement à gestion déconcentrée (cf. déclaration des élus de la CGT Educ’action en pièce jointe).

Un bilan des mouvements 2010 et 2011 est demandé. Comme tous les ans, Josette Théophile annonce qu’un bilan sera donné, elle qui déclarait déjà l’an passé lors de cette cérémonie : « j’ai le sentiment d’avoir une légère responsabilité dans la non communication du bilan 2010 ».

Elle se satisfait, comme d’habitude, du dialogue social, déclare que le paritarisme n’est pas remis en cause et propose aussi un bilan sur le mouvement ECLAIR. Il est annoncé par Christophe Castell, sous-directeur de la gestion des carrières, qu’il y a un surcalibrage sur Créteil pour compenser ECLAIR, et aussi sur d’autres académies.

A une question sur la circulaire du mouvement intra dans l’académie de Besançon, dans laquelle le Recteur laisse aux chefs d’établissement la liberté de choisir l’enseignant victime de la mesure de carte scolaire, Josette Théophile répond que la DGRH va procéder à une vérification.

En ce qui concerne Mayotte, sur le problème des 16 collègues menacés de réintégration en métropole suite à leur engagement syndical et/ou associatif (dont un responsable SNES et un responsable RESF), la réponse est « on attend l’issue de la procédure contentieuse ».

Josette Théophile, à l’instar du ministre Luc Chatel, traite les organisations syndicales et élus des personnels avec arrogance, évite de répondre précisément aux questions soulevées et pratique l’autosatisfaction et la langue de bois.

En fin de réunion, le vœu suivant est déposé au nom de toutes les organisations syndicales :

Les FPMN et CAPN réunies des corps du second degré demandent le retrait des projets ministériels concernant l’évaluation des personnels enseignants, d’éducation et d’orientation et l’affectation en établissement « ECLAIR ».

Elles demandent également l’arrêt des suppressions d’emplois et une programmation pluriannuelle des recrutements de titulaires enseignants, CPE et CO-Psy.