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Déclaration de la CGT-Educ’action lors de l’installation de la CAPA des certifiés le 16 décembre 2011

dimanche 18 décembre 2011

Cette première CAPA d’installation se déroule dans un contexte particulier. Rappelons que l’intersyndicale nationale de l’Education appellait à la grève jeudi 15 décembre 2011 et le mardi 13 décembre 2011 a vu une forte une mobilisation interprofessionnelle contre les mesures d’austérité.

L’actualité va dans notre sens lorsque nous dénonçons depuis des années des notations administratives et pédagogiques qui participent de plus en plus souvent d’une logique du mérite à laquelle nous sommes totalement opposés. Nous considérons que l’avancée normale de la carrière des personnels ne doit pas être soumise au simple bon vouloir d’inspecteurs et de chefs d’établissements. C’est pourquoi d’ailleurs ces notations doivent toujours rester soumises au contrôle des représentant-e-s paritaires, ce qui permet de limiter les subjectivités. Rappelons que nous défendons un avancement de carrière à l’ancienneté dans une grille rénovée et accélérée par rapport à la grille actuelle.

Dans cette logique, nous sommes opposés au décret n° 2010-888 du 28 juillet 2010 qui induit le projet de décret du ministère sur l’avancement des personnels enseignants, CPE et COP. L’instauration d’entretiens professionnels individuels, hors de toutes règles et de tout contrôle participe d’une individualisation des parcours professionnels détourne de l’action nécessaire pour développer le travail en équipe et la réussite collective auprès des élèves.

Ces dispositifs et leur généralisation, tant au niveau de la rémunération dite au mérite, que des opérations de mutations, à travers le développement des établissements ECLAIR, remettent profondément en cause le principe d’indépendance des agents et enseignants face à leur hiérarchie. Indépendance qui est seule garante d’un service public digne de ce nom.

Au-delà de cette attaque, le budget voté à l’Assemblée nationale, non seulement, prévoit 14 000 suppressions d’emplois à la rentrée 2012, qui s’ajoutent aux 66 000 depuis 2007, mais les députés ont décidé une diminution supplémentaire de 20 millions d’euros, dont 11 millions destinés aux bourses des élèves et 2 millions destinés aux fonds sociaux. Dans ce contexte, la tentative de mettre en place l’institutionnalisation du clientélisme participe d’un projet global de casse du Service Public d’Education. Les personnels en voient déjà les conséquences avec leurs conditions de travail qui se dégradent de jours en jours et la souffrance au travail qui se développe dans l’Éducation nationale.
C’est pour toutes ces raisons que nous avons appelé à la grève le 15 décembre 2011.

Ces attaques contre l’Education nationale sont le prolongement d’attaques plus globales. Ainsi, le discours du Président de la République à Toulon est lourd de menaces pour les salariés et lourd de danger pour l’avenir. Non, la crise n’est pas une fatalité. Et ce n’est pas en jouant sur les peurs que nous en sortirons. Il faut prendre des mesures de rupture avec les logiques financières qui restent pour l’instant dans le cadre du dogme de la dette. Pour la CGT-Educ’action, cette dette est illégitime.

Déjà en 2008, dans cette même ville, Nicolas Sarkozy s’était offusqué, la larme à l’œil et la main sur le cœur, des ravages d’un capitalisme financier, dévastateur. Il avait même parlé de le moraliser…. 3 ans plus tard, le masque est tombé. Son bilan est accablant : L’austérité érigée en dogme, des agences de notation au service des milieux financiers qui font et défont les gouvernements, une augmentation du chômage, les salaires bloqués, des plans de rigueur insupportables et injustes contre les salariés et la population.
En 2011, dans cette même ville, Nicolas Sarkozy annonce qu’il va continuer ! Les syndicats interprofessionnels refusent : Ils ont donc appelé les personnels à se mobiliser le 13 décembre 2011.