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Déclaration des élus

Déclaration à la CAPA FPMA d’affectation Mouvement intra académique des certifiés/agrégés du 9 juin 2015

jeudi 11 juin 2015, par cgt

Tout d’abord il convient de souligner que cette CAPA FPMA se tient dans un climat de relations dégradées entre le ministère et les organisations syndicales. Malgré l’opposition des syndicats représentants 80% des enseignants, le 10 avril le conseil supérieur de l’éducation adopte le projet de réforme des collèges. Le lendemain de la journée de grève très largement suivie par les collègues, le ministère publie au journal officiel le décret de la réforme. Face à la volonté de passage en force et au refus de tout dialogue, la CGT Educ’action appelle l’ensemble des personnels à poursuivre la construction de la mobilisation pour obtenir l’abrogation de cette réforme. La journée de grève et de manifestation du 11 juin sera une étape importante dans la construction du rapport de force.

Cette réforme des collèges s’inscrit dans un contexte de dégradation des conditions de travail des enseignants : effectifs par classe en augmentation, multiplication des tâches et des réunions, introduction de nouveaux enseignements sans aucun moyen comme l’Histoire des Arts, baisse des horaires et des budgets. Pourtant pour mettre en place les pédagogies émancipatrices que soutient la CGT Educ’action, des moyens sont indispensables : pour baisser les effectifs par classe, pour donner le temps aux enseignants de se concerter, mener des projets. Le choix du gouvernement n’est pas celui-ci, au contraire, il revient à accentuer le phénomène du collège à deux vitesses, en s’appuyant sur l’autonomie des établissements sous la coupe des principaux et le socle commun.

Comment croire que l’autonomie des établissements puisse être une réponse aux inégalités scolaires alors que, d’après les propres chiffres du ministère, les pouvoirs publics dépensent 9 300 euros par élèves du secondaire à Paris et seulement 6 320 euros dans l’académie de Créteil ? La mise en place du socle commun a minima, « au meilleur niveau de maîtrise possible » d’après le décret, accompagné de parcours différenciés (en fonction des EPI choisis ou imposés), va créer davantage d’inégalités entre élèves, entre établissements et véhiculer une vision utilitariste de l’école.

Enfin, cette réforme impacte négativement les SEGPA. Les projets d’inclusion des élèves en 6e banale est une remise en cause de l’enseignement spécialisé. Comment espérer une intégration réussie d’élèves relevant de l’éducation spécialisée dans des classes surchargées ? La mise en place des dispositifs UPE2A montre l’échec de cette intégration à marche forcée. Nous craignons que sous couvert de lutte contre la stigmatisation, le gouvernement cherche à démanteler une structure bénéficiant de moyens particuliers : un nombre d’élèves par classe limité, des heures de coordination comprises dans le temps de travail.

Pour revenir plus spécifiquement à la CAPA qui nous occupe aujourd’hui, nous constatons que cette année le nombre total de participants certifiés et agrégés au mouvement intra-académique est en augmentation. Cette croissance est cependant à mettre en perspective avec le nombre beaucoup plus importants de stagiaires cette année. En effet, plus de 53% des participants au mouvement intra-académique sont des stagiaires. De même, il est à noter que 62% des futurs néo-titulaires de notre académie sont des entrants. Ces quelques chiffres sont caractéristiques d’une académie ne bénéficiant pas des moyens nécessaires pour mener à bien les missions d’enseignement et de réussite de toutes et de de tous. La conséquence prévisible est le manque d’attractivité d’une académie jugée difficile, dans une région où le coût de la vie et les difficultés à se loger se font cruellement sentir, alors que le point d’indice est gelé.

En ce qui concerne les stagiaires, l’année dernière nous avons acté positivement la création d’une bonification spécifique de 30 points sur l’établissement de stage des stagiaires dits « Sauvadet ». Pourtant cette bonification nous semble encore insuffisante pour garantir le maintien des anciens contractuels. Par ailleurs, la bonification stagiaire ex-contractuel de 100 points attribuée sur le premier large non restrictif devrait s’aligner sur les nouvelles bonifications du mouvement inter-académique afin de valoriser l’ancienneté de ces collègues. Enfin, nous constatons que de trop nombreux berceaux stagiaires se trouvent sur des établissements REP+, par exemple au collège Federico Garcia Lorca de Saint-Denis en Arts Plastiques. Nous attirons votre attention sur la situation de ce collègue d’autant plus que le second poste de cette matière est un poste neutralisé. A ce propos, nous aimerions avoir plus de détails sur les raisons de la neutralisation de ces postes, dont le nombre est très important au regard du flux de certaines disciplines. Nous vous alertons sur les conditions d’entrée dans le métier de ces collègues stagiaires.

Nous remarquons également que le nombre de participants TZR ne cesse de diminuer depuis 2011, alors que la situation des remplacements reste problématique dans notre académie… Il faut rappeler qu’être TZR est le plus souvent une situation subie. Ainsi, ces collègues cherchent à se stabiliser mais n’y parviennent que difficilement. Pourtant les besoins de remplacement sont patents et le recours à la précarité paraît inévitable à l’administration pour y faire face. Comment alors pérenniser les équipes, encourager les collègues à s’ancrer dans un établissement et à bâtir des projets ? La stabilisation des TZR qui demandent à rester et à s’investir dans leur établissement, doit être un enjeu pour le rectorat. Il ne pourra être relevé qu’au prix de la fluidité du mouvement des titulaires de leur poste et de meilleures conditions de travail. C’est au ministère et au rectorat d’organiser ces remplacements grâce à des personnels titulaires remplaçants formés. A ce titre, nous rappelons que la CGT Educ’action demande la titularisation des personnels non-titulaires sans condition de concours ni de nationalité.

Enfin, nous demandons plus de transparence concernant les postes spécifiques. Il nous paraît anormal qu’un poste spécifique vacant lors du mouvement apparaisse comme non-vacant, pour être ensuite être transformé en poste banal en cours de mouvement. De même, nous demandons à ce que les postes spécifiques dont la vacance est certaine apparaissent tel quel sur SIAM pour les collègues.