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Conférence nationale de lutte contre la pauvreté et pour l’inclusion sociale : l’enfance et la réussite éducative passent à la moulinette du budget

Communiqué de la FERC-CGT

vendredi 14 décembre 2012

Faire réussir tous les élèves et vaincre la pauvreté impliquent des choix ambitieux. Or Dominique
Bertinotti et George Pau‐Langevin ont dès l’ouverture de l’atelier « Familles vulnérables, enfance et
réussite éducative » planté le décor : d’une part, la volonté gouvernementale de ne plus
stigmatiser les familles pauvres est contrainte par le budget et d’autre part les mesures concernant
la réussite éducative sont contenues dans la future loi d’orientation et de programmation sur
l’école qui, rappelons‐le, est déjà écrite… Circulez, il n’y a rien à ajouter !

Pourtant des 42 propositions contenues dans le rapport présenté, la plupart relève de
revendications anciennes : scolarisation des 2 ans, gratuité de la restauration scolaire,
augmentation du nombre de places en crèche, prévention sanitaire et scolaire, accès aux loisirs et
à la culture, etc. qui, faute de moyens, n’ont pas été mises en oeuvre, creusant plus encore les
inégalités sociales… Renvoyer aujourd’hui aux départements la responsabilité des politiques de
petite enfance ‐ dédouanant au passage l’Etat‐, alors qu’ils sont déjà exsangues, risque de produire
les mêmes effets : sans budget, pas de mise en oeuvre.

Or, pour la Ferc‐Cgt, si la prévention de l’échec scolaire coûte cher, la réparation a posteriori de
l’échec (redoublement, décrochage, dispositifs d’insertion des jeunes majeurs, RSA, etc.) a un coût
social bien plus important. Elle estime que l’accent doit être mis dès le plus jeune âge sur la
prévention et demande des moyens ‐ reconstitution des RASED qui ont été supprimés alors qu’ils
avaient un double travail de prévention / remédiation reconnue par tous les acteurs par exemple ‐.

Manifestement le premier ministre qui concluait la conférence (réduite à une seule journée et
évinçant les organisations syndicales) n’a ni entendu notre organisation, ni les associations sur ce
thème, ne retenant que la scolarisation des deux ans même si par ailleurs il a fait référence à un
accès facilité à la crèche et à la cantine.

Tout cela reste bien en‐deçà des propositions du rapport. Mais il est vrai qu’une nouvelle fois le
gouvernement refuse de s’attaquer aux vrais problèmes : les situations de pauvreté résultent de la
déstructuration du code du travail, du recours aux contrats précaires et des politiques de bas
salaires pratiqués par le Medef.

Vaincre la pauvreté nécessite de donner à tous un travail décent, un salaire qui permette à chacun
de vivre correctement. Cela nécessite aussi un certain courage politique.

Montreuil, le 14 décembre 2012